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Faire mémoire 1914-1918

#1.1

Vienne-le-Château – 25 décembre 1915. Au Cantonnement. Soldat apportant un sapin d’Argonne pour faire un arbre de Noël.

 

Nous ouvrons cette série de photographies extraites des albums Valois par un cliché pris le 25 décembre 1915, le jour de Noël, à Vienne-le-château, une commune d’Argonne situé à quelques kilomètres de Valmy et de Sainte-Menehould, autres communes illustres de notre histoire de France.

Notre démarche ne se veut ni chronologique, ni historique. Elle vise simplement à raviver la part d’humanité, d’individualité de ceux, que les hasards du temps et du destin ont précipités dans la guerre. Et puisque nous venons nous-même de traverser la période des fêtes, commençons par cela.

Alors qu’à Noël, certains se rassemblent pour chanter « paix sur la terre aux hommes », nous surprenons ici, un homme qui s’apprête, en dépit de la guerre, à néanmoins fêter Noël en amenant au cantonnement de son unité ce sapin.

Il y eut, lors du premier Noël de la guerre, des trêves spontanées, improvisées le long de la ligne de front et notamment dans un secteur proche de chez nous: Houplines, Bois-Grenier, Fromelles.

Le 24 décembre, en de nombreux points, les allemands placent des sapins de Noël, des bougies, des lanternes en papier sur le parapet des tranchées et entonnent des chants … qui reviennent en écho depuis l’autre côté, et, non sans appréhension, de part et d’autre, on sort des tranchées et, dans ce temps suspendu, souffle pour quelques heures un esprit de paix.

En 2005, Christian Carion en a fait le sujet d’un très émouvant film « Joyeux Noël » qui a été projeté aux élèves des écoles monsoises lors de sa sortie.

 

#1.2

3 avril 1916. Trainage de matériel de guerre en Laponie. Jeune lapon et son convoi de rennes.

 

Cette deuxième photo  a été prise en avril 1916, dans le grand-duché autonome de Finlande de l’Empire russe. Vue aujourd’hui, les rennes, le traîneau, le jeune lapon en tenue folklorique, tout cela nous évoque le pays imaginaire du père Noël.

Mais, au détour du XXième, le père Noël n’est pas encore inventé, et pour de nombreux foyers encore, la fête de Noël est essentiellement marqué par la messe de minuit  (à minuit pas avant) … et il y a parfois trois messes consécutives. Elle marque la rupture d’un jeûne d’où le réveillon qui s’en suit. Pour les enfants, il y a peut-être sur la table une belle galette à l’huile, une rouelle de nougat, une jointée de figues et … l’orange de Noël.

Point donc de vieillard en habit rouge, à barbe blanche, la hotte chargée de cadeaux sur fond de paysage de neige … D’ailleurs sur cette photo, sur le traîneau, ce ne sont pas des jouets mais du matériel de guerre !