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Faire mémoire 1914-1918 #2

#2.1

La Neuville Sire-Bernard – 1 janvier 1917 – Troupes montant en ligne (à droite) et voitures d’un régiment relevé du front.

 

Au passage à l’année nouvelle, sous le gui, on s’échange des vœux de bonheur, de santé, de réussite, de prospérité … Quels pouvaient être les vœux du début des années 1915, 1916, 1917, 1918 … Ils étaient sans doute les mêmes dans les deux camps: la victoire, le retour de l’être aimé sain et sauf, la fin des séparations, des souffrances, des misères humaines aggravées par la guerre, des deuils … le retour à la paix. Elle viendra mais elle sera longue à venir et elle emportera avec elle de nombreux vœux inaccomplis.

Ils sont sans doute cela dans la tête ces soldats en ce 1er janvier 1917. Ils sont sur la route, à hauteur de la Neuville Sire-Bernard. Ceux de droite montent en première ligne, vers un avenir incertain la-bas d’où proviennent ces bruits de tonnerre et ces sinistres panaches de fumée . Ceux de gauche sont relevés par ceux qu’ils croisent; ils sont moins nombreux qu’à l’aller ; il y a des places vides dans les rangs. Mais eux,  ils sont encore là et ont droit à un répit, quelques jours, une permission peut-être…

Le village, lui-même, fut longtemps à l’arrière du front; il abritait un hôpital d’évacuation et un parc d’artillerie. Au printemps 1918, il devient une zone de combat et fut totalement détruit au point que le village reçut officiellement la croix de guerre !

 

#2.2

Doullens – 4 mai 1918 – Sur la grande route : troupes françaises descendant des lignes et troupes britanniques allant au feu.

 

Cette scène est courante durant la guerre car si le front bouge peu, les soldats eux, font très régulièrement mouvement (à pied le plus souvent pour les fantassins) entre les premières lignes  et les lieux de cantonnement (des camps de toiles, des fermes désertées par leur habitants, des gourbis de fortune ..), mais aussi d’un théâtre d’opération à un autre selon les plans de bataille échafaudés par les états-major quand ce ne sont pas des manœuvres ou des exercices !

On considère que près de 7 « poilus » sur 10 ont participé à la bataille de Verdun suivant un système de rotation des troupes destiné à ne pas miner le moral les hommes face à l’âpreté des combats.

Ainsi, cette photo, prise à plus d’un an de distance (mai 1918),  ressemble-t-elle à la précédente. Ici, du côté de Doullens (dans la Somme), ce sont des soldats Anglais qui prennent la relève de soldats Français.  Il leur faudra encore tenir 6 mois !