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Faire mémoire 1914-1918 #3

 

#3.1

Mitzach – 7 mars 1916 – Femmes lavant du linge à la fontaine

 

Dès août 1914,  les hautes vallées qui bordent la plaine alsacienne redeviennent françaises et seront durant toute la guerre sous administration militaire. Ainsi, en est-il pour Mitzach, entouré d’épaisses forêts, ce village du Haut-Rhin est traversé par un ruisseau de montagne, le Dorfbach.

Sur cette photo, on assiste à une scène de la vie quotidienne: des femmes lavant du linge à la fontaine.

Prise à la fin de l’hiver 1916, on y sent le ciel lourd, le froid piquant … elles se sont couvertes aussi chaudement que possible: un épais châle noué dans le dos, un fichu de laine sur les oreilles … Manches relevées, elles plongent, et frottent le linge dans cette eau glacée. Le froid  transperce comme des aiguilles leurs mains portant habitués aux rudes travaux; sur la margelle, les paquets  de linges sont, déjà, raidis par le gel, et malgré la paille fraîche dont sont garnis leurs sabots, les pieds trempés s’engourdissement …

Scène banale de la ruralité, il y a un siècle. L’essor industriel est en marche mais la France  demeure encore majoritairement une terre de paysans … Il s’agit encore principalement d’une agriculture de subsistance, ce n’est pas la misère; et sauf calamité, on mange à sa faim mais  on est très loin de l’opulence. Et on ne connait évidemment pas ce que nous appelons aujourd’hui « l’eau courante ».

Lors de la mobilisation d’août 1914, les hommes, les paysans ont quittés leurs champs, leurs près, leurs bétail pour former le gros des bataillons d’infanterie, l’arme la plus exposée !

 

#3.2

Héminville – 1er janvier 1916 – Lavoir devant le P.C.

 

Ces paysans, on les retrouve, en ce 1er janvier 1916, loin de chez eux (ici à Héminville en Moselle). Ils ont troqué la casquette, le pantalon de coutil et la chemise de lin grise pour l’uniforme de leur régiment.

En ce jour de l’an, les voilà autour du lavoir à décrotter leurs capotes maculées de boue … Là-bas, au village, c’était une tâche dévolue aux mères, aux épouses … pendant  qu’eux étaient derrière la charrue ou le semoir … Mais c’est la guerre. Entre leurs mains, ils ont des fusil, des canons et ils sèment la mort quand elle ne les fauche pas !!

 

Photos  – Albums Valois – Bibliothèque de Documentation internationale contemporaine (BDIC)